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Jeudi 1 mai 2008 4 01 /05 /Mai /2008 00:04
L'intégralité du débat avec Jean-Christophe Bureau, chercheur à l'Institut national de la recherche agronomique (INRA), lundi 28 avril, à 10 h .


bb : Que sont les agrocarburants ? Y a-t-il une différence avec les biocarburants ?
Jean-Christophe Bureau :
Il n'y a pas de différence entre les deux. De plus en plus, on utilise le terme "agro" pour ne pas introduire de confusion avec les produits bio, sachant que les agrocarburants sont de plus en plus critiqués pour leur bilan écologique. Les agrocarburants sont essentiellement des substituts à l'essence : l'éthanol fait à partir de canne à sucre, de blé ou de betterave, et des substituts au diesel : des huiles faites à partir de colza, de soja ou d'huile de palme.

Julien_L. : Quelles céréales contribuent à la production d'agrocarburants ?

Pour les céréales destinées à l'éthanol, c'est surtout le blé, mais on peut en faire avec de l'orge, du seigle, etc.

TOTOVITCH : Peut-on avoir une réponse claire sur le bilan énergétique et environnemental des agrocarburants cultivés en France ? Il semble, en effet, que la seule étude publiée à ce sujet et commandée par l'Ademe soit entachée d'erreurs méthodologiques que l'Ademe aurait reconnues. Qu'en est-il vraiment ?
Il est très difficile de vous donner une réponse claire. Il y a peu d'études complètement indépendantes, et presque tous les chiffres publiés sont influencés par une industrie ou un groupe de pression, que ce soit les pétroliers, les céréaliers ou les betteraviers. J'ai recensé une cinquantaine d'études différentes sur le bilan environnemental, et les chiffres sont incroyablement divergents. L'étude de l'Ademe est parmi celles les plus favorables aux agrocarburants. Il en est d'autres qui trouvent un bilan beaucoup plus négatif en France. Le bilan énergétique (c'est-à-dire le rapport entre l'énergie fossile – le pétrole – économisée et utilisée) de l'éthanol à partir de blé est très médiocre. Le bilan des huiles de colza comme substitut au diesel est un peu meilleur, mais, dans les deux cas, si l'on tient compte des pollutions des eaux et d'autres aspects environnementaux, le bilan en termes d'environnement est très incertain.

bbb : Cultive-t-on déjà en masse ces agrocarburants, ou bien le débat est-il pour l'instant théorique ?
Dans trois pays, on les cultive déjà de manière importante. Il s'agit, en premier lieu, des Etats-Unis : plus de 40 % de la production mondiale (surtout de l'éthanol de maïs, mais de plus en plus du biodiesel). L'autre grand producteur est le Brésil, avec de la production d'éthanol de canne à sucre. Enfin, l'Union européenne est un producteur significatif, surtout l'Allemagne avec du colza pour le diesel.

Moka : Quel lien faites-vous entre le développement des agrocarburants et l'actuelle crise alimentaire ?

Il y a beaucoup de raisons convergentes à la hausse des prix agricoles qui crée cette crise alimentaire : la production d'agrocarburants est l'une d'entre elles, mais elle est très loin d'expliquer la hausse des prix à elle seule. Les principales raisons sont la hausse des prix du pétrole, donc des engrais, la demande des pays émergents pour des céréales, et sans doute, à court terme, de la spéculation. Les agrocarburants n'occupent qu'1 % des terres cultivables au monde, mais sur certains marchés comme le maïs, l'ambitieux programme américain d'éthanol, qui utilise plus d'un quart de la production américaine, contribue significativement à la hausse des prix. Comme on peut utiliser du blé ou du maïs dans l'alimentation animale, cette hausse se propage aux autres céréales.

Thierry : A-t-on évalué l'impact de la généralisation de la production d'agrocarburants sur les prix des produits alimentaires ?
L'INRA (l'Institut national de la recherche agronomique) en France, la FAO (l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture), et l'International Food Policy Research Institute sont en train de travailler là-dessus. Il est assez difficile de mesurer la responsabilité des agrocarburants, car on a du mal à estimer la part de la spéculation dans la hausse des prix. Les chiffres préliminaires conduisent à penser que les programmes de biocarburants expliquent 10 à 25 % de la hausse des prix des céréales. C'est un chiffre bien plus faible pour les prix de l'alimentaire au consommateur en France, puisque les produits agricoles représentent en fait une part assez faible du produit fini.

kisifi : Il y a quelques semaines, la Banque mondiale a évoqué des manifestations violentes liées à la flambée des prix alimentaires dans plusieurs pays, dont Madagascar. J'habite Madagascar et je peux certifier que c'est faux, le prix du riz est même inférieur à celui de l'an passé. Est-ce que cette "crise alimentaire" actuelle qui sert d'argument aux opposants aux agrocarburants existe vraiment ?
Je suis à Paris, où la crise est peu visible, mais je ne crois quand même pas au complot. Les prix des céréales ont flambé. Si l'on considère que, il y a quelques années, le prix moyen du blé était de l'ordre de 90 euros la tonne, il est monté à 280 euros et est encore aujourd'hui autour de 190 euros. Cela peut traduire de la spéculation à court terme, mais, plus fondamentalement, une forte demande, et donc une tension sur les marchés. Dans le cas du riz, il faut voir que ce qui est échangé dans le commerce international est une part très faible de la production mondiale (de l'ordre de 7 %). La flambée des prix vient du fait que beaucoup de pays exportateurs ont instauré des interdictions d'exporter ou des taxes à l'exportation. Cela fait donc monter les prix, même si localement une bonne récolte peut les faire baisser. Peut-être est-ce le cas à Madagascar ? Je ne connais pas la situation.

zorg : Vous ne parlez pas de la France ? L'INRA se désintéresse-t-il du marché français ? Pouvez-vous nous préciser les régions françaises intéressées par la production de biocarburant et nous faire entrer dans le concret de notre économie ?
L'INRA travaille surtout sur la recherche, donc sur l'avenir, et ses travaux portent beaucoup sur les agrocarburants de deuxième génération, qui ne seront pas faits avec des céréales, mais avec des produits à fibres (cellulosiques, comme des graminées ou des arbustes). Les régions françaises concernées sont surtout pour l'instant les régions de grandes cultures (céréales et oléagineux), donc des plaines assez fertiles, mais si les agrocarburants de deuxième génération se développent, ils pourraient être cultivés dans des régions à sol plus pauvre, et entrer moins en concurrence avec la production alimentaire. Cependant, la recherche avance lentement, et ils ne seront pas prêts avant plusieurs années, dans des conditions économiques réalistes. Le département d'économie de l'INRA évalue les avantages et les inconvénients des soutiens aux agrocarburants sur un plan économique. Sans vouloir caricaturer, l'INRA a toujours été réservé sur l'intérêt des aides publiques aux agrocarburants, au moins de première génération.

Mateos : Est-ce la production d'agrocarburants elle-même ou les instruments politiques (directives européennes, Energy Act aux Etats-Unis) poussant à la production qui sont en cause ? Les agrocarburants ne se seraient pas développés en Europe et aux Etats-Unis sans des soutiens publics. Par contre, au Brésil, l'éthanol de canne à sucre peut tout à fait se développer sans aide publique. C'est aussi la production qui a le meilleur rendement énergétique. Ce qui est donc mis en cause, ce sont surtout les politiques américaine et européenne d'aide aux agrocarburants. En Europe, des directives européennes fixent des objectifs, mais les soutiens aux agrocarburants sont surtout des subventions et des défiscalisations nationales. La France, par exemple, a des objectifs plus ambitieux que les directives européennes, qui d'ailleurs ne fixent pas des taux obligatoires (ce sont de simples recommandations). Des pays comme la France et l'Allemagne font donc du "zèle".

sam : Même découplés de la production, les paiements directs de la PAC sont-ils une incitation à produire des graines pour les agrocarburants ? N'y a-t-il pas une faille dans la fameuse boîte verte de l'accord agricole de l'OMC ?
On ne peut pas accuser la PAC d'une chose et son contraire. Certains disent justement que ces aides, maintenant "découplées" (qui ne sont plus liées aux quantités produites), sont responsables du fait que l'agriculture européenne produit moins, et donc de la montée des cours mondiaux. C'est la thèse de certains syndicats agricoles français. Je ne crois pas personnellement que cela explique la hausse des prix, mais inversement, ce ne sont pas ces aides de la PAC qui favorisent la production d'agrocarburants. Il y a seulement une petite aide à l'hectare aux agrocarburants que la Commission européenne remet en cause et qui joue assez peu sur la production. Le soutien aux agrocarburants est bien davantage le fait des gouvernements des pays membres.

MESNARD_A_1 : Quelles sont les principales firmes ou groupes qui s'intéressent aux agrocarburants ? Quel est leur intérêt ?
La plupart des usines viennent d'investissements du monde agricole. Par exemple, une grosse usine d'éthanol de blé a été financée par des agriculteurs et un groupe sucrier qui leur appartient. Leur intérêt était de trouver un débouché lorsque les prix des céréales étaient très bas. Depuis, ils ont monté, ce qui pose le problème de la rentabilité de ces usines. Néanmoins, pour la profession agricole, cela peut être utile pour assurer un débouché à prix plus stables dans une période où les cours fluctuent. D'autres acteurs ont investi dans la filière, par exemple des groupes amidonniers, car ils pensent que, à terme, derrière les agrocarburants, il y a des molécules intéressantes pour l'industrie et que les produits agricoles seront une source de matières premières pour la chimie. Il s'agit donc pour beaucoup de maîtriser un processus technologique.

bartouc : Le palmier à huile en Asie du Sud-Est et la canne à sucre au Brésil attirent déjà les spéculateurs. Y a -t-il un remède à cela?

Je pense qu'ils n'attirent pas les spéculateurs, mais les investisseurs. Dans les deux cas, ce sont des plantes qui peuvent produire des agrocarburants à bas coût. Le problème est que, si la canne à sucre au Brésil peut encore s'étendre sans dommage écologique catastrophique, c'est assez rarement le cas du palmier à huile en Asie. D'autre part, on risque le développement de cette culture sur des zones de forêts vierges, aussi bien en Amérique qu'en Afrique.

Suzanne_Berthaut_1 : Notre planète ne serait-elle pas défigurée, spoliée, dévastée par un plan de masse pour les biocarburants ?
Si, on risque une déforestation massive, qui a déjà eu lieu en Indonésie, où la jungle a déjà disparu, qui est en train d'avoir lieu en Malaisie, et risque d'avoir lieu au Brésil et en Colombie. Le seul éclair d'optimisme serait que des agrocarburants de seconde génération puissent pousser sur certaines terres peu fertiles et soient une solution pour améliorer les revenus en Afrique, car on sait que l'on fait davantage attention à l'environnement dans des pays plus riches. C'est une idée que met en avant la FAO, mais certains experts sont critiques, même sur les agrocarburants de deuxième génération, faisant valoir que dès que l'on exporte de la matière organique du sol, on met en danger le sol en question.

FDL : Pourquoi la France tarde ainsi à investir sur les biocarburants de seconde génération ? L'Allemagne a déjà ouvert sa 1re usine ...
A l'heure actuelle, c'est une production qui n'est pas rentable sans subventions. Il me semble donc plus important de mettre l'argent du contribuable dans la recherche plutôt que dans les investissements. Il est trop tôt pour lancer des programmes ambitieux, car la technologie actuelle (qui date en fait des années 1930, ce qu'on appelle la "voie chimique" utilisée dans les usines dont vous parlez) n'est guère prometteuse. La voie la plus prometteuse consisterait à faire dégrader la cellulose par des bactéries (voie biologique). Cette technique progresse, mais est loin d'être opérationnelle, et n'est en tout cas pas viable économiquement. De plus, comme je le disais, même si la deuxième génération permettait de moins entrer en concurrence avec la production alimentaire, elle ne résout pas tous les problèmes. L'exportation de matières organiques, même avec des arbustes (taillis à courte rotation de bouleaux ou de saules) des graminées (switch grass) ou d'autres plantes (miscanthus), nécessitera des apports d'engrais minéraux, avec un impact environnemental sur les sols. La solution qui sera réellement durable sera sans doute une troisième génération à partir d'algues lipidiques. Là, on en est aux tous débuts de la recherche...

zorg : Lorsque je vais dans le Sud-Ouest, je rencontre des agriculteurs qui nous disent : "Utilisez les biocarburants ! Ce sera pour nous une source de revenus qui nous permettra d'assurer la relève du métier par les jeunes agriculteurs..." N'est-ce pas là un projet d'avenir pour nos agriculteurs en besoin de reconversion pour certains ?

C'est très exactement ce pourquoi la France a soutenu un programme d'agrocarburants ambitieux. La première raison était justement d'assurer des débouchés et des revenus à l'agriculture française. Les arguments d'indépendance énergétique et de réduction d'émissions de gaz à effet de serre ont toujours été un peu "pipeau". Le problème est que, depuis, les cours mondiaux se sont envolés, et il n'y a plus de problème de débouchés à court terme. Il faut garder la tête froide : les agrocarburants peuvent sans doute aider le secteur agricole si ses prix mondiaux baissent, et en tout cas pourraient permettre, à mon avis, de réduire les effets de la volatilité des cours pour les agriculteurs qui pourraient contracter une partie de leurs récoltes à prix stables. Ils n'ont donc pas que des inconvénients.

Moz : Si les agrocarburants peuvent se présenter comme une "solution" dans les pays du Nord, dans quelles mesures seraient-ils positifs pour les pays du Sud, notamment l'Afrique? Serait-ce une option viable et bénéfique pour ces populations?
Les agriculteurs des pays du Sud ont été laminés par des décennies de prix bas. Et aussi par la concurrence déloyale des produits subventionnés des pays du Nord. Un marché des agrocarburants pourrait donc les aider. La FAO voit dans cette évolution une opportunité pour des agriculteurs du Sud. Dans le cas de la première génération, il faut des terres fertiles. Il est sans doute possible de développer de la canne à sucre et du palmier à huile en Afrique, mais il est douteux que les petits paysans en tirent les principaux bénéfices. L'effet bénéfique des agrocarburants me semble surtout de tirer les prix des céréales vers le haut, ce qui redonne un intérêt économique aux cultures de mil ou de sorgho traditionnelles. Par contre, si les agriculteurs africains y trouvent un intérêt, les consommateurs urbains africains subissent la hausse des prix de plein fouet. Le défi est de faire en sorte que les paysans africains répondent à ces prix élevés et puissent réapprovisionner les villes qui ont pris l'habitude de se nourrir de produits importés. La difficulté est énorme, car il y a de nombreux obstacles à lever : infrastructures qui manquent, insécurité foncière, accès aux crédits, accès aux engrais, etc.

Z.Safwan : Quelles solutions préconisez-vous pour éviter une crise alimentaire à l'échelle mondiale?
Il faut distinguer des mesures d'urgence, comme celles prônées par Michel Barnier (ministre français de l'agriculture) ou Gordon Brown (premier ministre britannique), et des mesures de plus long terme. La population mondiale est passée de 2 à 7 milliards d'habitants en un peu plus d'un siècle. Il est clair que se posera un problème de ressources. Pour l'instant, c'est surtout le déséquilibre de pouvoir d'achat qui rend pessimiste, car il est probable qu'on continue à remplir le réservoir des voitures américaines avant de donner à manger à un Sahélien. Les solutions impliquent un changement de l'alimentation dans le sens de moins de protéines animales (il faut beaucoup de kilos de céréales pour produire un kilo de viande, et il serait écologiquement plus sensé de devenir davantage végétariens), mais aussi de ne pas mobiliser trop de surfaces pour les agrocarburants.

Par Loic Bureau - Publié dans : Agrocarburants
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Mardi 29 avril 2008 2 29 /04 /Avr /2008 17:32
LE MONDE | 28.04.08 | 18h24  •  Mis à jour le 28.04.08 | 18h24

etards fréquents, prix du carburant, risques accrus : beaucoup d'entreprises ne sont plus indifférentes aux modes de transport.

"Quand elles recrutent un salarié, elles embauchent aussi sa voiture"
, note Marc Fontanès, fondateur de Mobility plus, une société de conseil.

A l'instar des agglomérations de plus de 100 000 habitants, tenues de mettre en place un plan de déplacement urbain (PDU), certaines directions des ressources humaines adoptent des plans de déplacement d'entreprise (PDE). Leur objectif : limiter "l'autosolisme", mot barbare inventé pour désigner le fait de circuler seul en voiture.

Les entreprises encouragent en priorité le covoiturage, l'utilisation d'un seul véhicule par les salariés habitant le même quartier ou la même commune. "Les sites Internet montés par des collectivités locales pour développer le covoiturage ne fonctionnent pas très bien, observe M. Fontanès. Pour que ça marche, les gens doivent se rencontrer", poursuit-il. Dans certaines sociétés, on organise donc des petits-déjeuners entre voisins qui s'ignorent.

Sur le site de production de STMicroelectronics, à Grenoble (Isère), où l'on se targue d'avoir imaginé, dès 1999, le premier PDE, les employés sont incités à prendre leur bicyclette. La société distribue des kits comprenant un brassard fluorescent, un casque ou des éclairages, et a négocié avec la ville le prolongement de voies cyclables.

L'Institut hospitalier Gustave-Roussy, à Villejuif (Val-de-Marne), constitue également un cas d'école. "4 500 personnes accèdent au site chaque jour, dont 2 400 salariés", explique Jacques Crespy, secrétaire général adjoint de l'Institut. L'hôpital, situé en pleine ville, était, jusqu'en 2006, desservi par deux lignes de bus inopérantes pour la plupart des salariés. "Il nous a fallu dix-huit mois de négociations pour obtenir du Syndicat des transports d'Ile-de-France la mise en place d'un bus spécial qui ne marque aucun arrêt entre la station de métro de Villejuif et l'Institut ; cela permet au chauffeur d'emprunter un itinéraire différent en cas d'encombrements", poursuit M. Crespy.

Désormais, 900 personnes choisissent quotidiennement cette navette. "A notre surprise, des patients l'empruntent également, au point que nous avons donné comme instruction au personnel de ne pas commenter les cas médicaux dans l'autobus", précise le responsable.

L'organisation d'un PDE repose sur une règle d'or : l'écoute des usagers. "

Il est impératif de laisser les salariés formuler leurs objections et de les prendre en compte", explique ainsi Laurence Gouthière, chargée des transports à l'Agence de l'environnement et de la maîtrise d'énergie (Ademe) dans la région Centre.

"Et si mon vélo est crevé ?", "Et lorsque le conducteur de la voiture n'arrive pas ?" sont les questions les plus fréquentes. Pour Mme Gouthière, la direction des ressources humaines peut proposer "des jokers, c'est-à-dire la possibilité d'effectuer, cinq fois par an, un aller-retour en taxi. Ce détail permet parfois de lever un frein psychologique".

Le plan doit aussi donner à chacun l'impression qu'il est récompensé pour ses efforts. Les cyclistes bénéficieront d'un hangar tout neuf, les équipes de covoiturage accéderont à un parking réservé. Une société avait même envisagé, avant d'y renoncer, une "prime à la chaussure" de 50 euros par an pour les salariés arrivant à pied...

Il suffit parfois de quelques aménagements pour convaincre un particulier de changer de mode de transport. "Lorsque le bus qui dessert la zone industrielle arrive à 7 h 30 et que la personne ne peut entrer dans les locaux qu'à 8 heures, il faut modifier l'horaire d'embauche", conseille M. Fontanès.

Les déplacements des salariés ne se limitent pas aux trajets domicile-travail. "On utilise sa voiture le matin pour conduire les enfants à l'école, entre midi et deux pour faire du sport, le soir pour des courses. Les courtes distances sont notre cheval de bataille", affirme Mme Gouthière.

Comme chez STMicroelectronics, à Grenoble, une solution consiste à installer dans les locaux un service postal dédié à l'expédition des lettres personnelles ou un kiosque consacré aux démarches administratives. Pascale Poblet, en charge du PDE, assure que "54 % des salariés utilisent un mode de transport alternatif", alors que cette société emploie 80 % de cadres et 75 % d'hommes, des catégories souvent habituées à utiliser une voiture individuelle.

Mais le résultat n'est pas aussi positif partout. "Dans certaines sociétés, on dépense beaucoup d'énergie mais, en un an, seulement une dizaine de personnes changent réellement de mode de transport", déplore Mme Gouthière.

Par Loic Bureau - Publié dans : Transport
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Lundi 28 avril 2008 1 28 /04 /Avr /2008 22:48
Les OGM permettent d'utiliser moins de pesticides :

  Cela ne concerne que le maïs transgénique : mais même dans le cas du maïs transgénique, en réalité, le pesticide est à l'intérieur de la plante.

Pour les autres plantes OGM comme le soja, la plante modifiée a été en réalité modifiée pour être résistant à des pesticides extrêmement puissants comme le Round Up. Ainsi, toutes les mauvaises herbes sont éliminées alors que le soja modifié résiste. Ceci dit, le gain en insecticide s'avère au final discutable. Pourquoi : parce que les mauvaises herbes mutent : elle résiste de plus en plus au Round Up. Conséquence, il faut utiliser de plus en plus d'insecticide pour le même résultat, tout en sachant que cet insecticide est  particulièrement violent.


 Les OGM vont permettre d'utiliser moins d'eau


 Il ne s'agit que de promesses : de tels OGM n'existent pas aujourd'hui. On ne sait même pas si cela sera techniquement possible. Le besoin d'eau est une constante incontournable dans l'agriculture. Les pistes pour économiser de l'eau sont plutôt à chercher dans les formes d'arrosage ou d'irrigation.


Les OGM  vont permettre de diminuer la faim dans le monde


 Là encore, c'est une promesse introuvable et improbable, non une réalité. Pourquoi : d'abord parce que la faim est le fruit d'un système économique. Il y a largement de quoi nourrir tout le monde sur terre, mais tout le monde n'a pas le moyen d'acheter de quoi se nourrir. On a détruit des stocks de nourriture dans les pays riches pour maintenir un niveau de cours de matières premières agricoles. On continue à le faire.

Ensuite, parce que la faim est le résultat de phénomènes complexes : outre le rôle des inégalités sociales et de la fracture Nord-Sud à l'échelle du monde, il faut tenir compte des choix ont fait certains pays producteurs de cultures vivrières de produire des biocarburants. C'est-à-dire de convertir des terres destinées à nourrir les hommes pour des terres destinées à alimenter le réservoir des voitures.

L'introduction des OGM dans les pays en voie de développement a dans un premier temps permis une augmentation réelle mais exceptionnelle de la production agricole. Mais, en augmentant les intrants, (c'est à dire la nécessité d'acheter chaque année de plus en plus de produits nécessaires à la production), les OGM ont rapidement contribué à l'endettement des petits paysans (les semences devant être rachetées chaque année, les pesticides correspondants aussi) et au final à leur expropriation, faute de pouvoir payer leurs dettes. Ces paysans ont alors migré vers les villes augmentant ainsi la foule des miséreux qui s'y entassent en espérant y recevoir l'aide alimentaire nationale ou internationale.


 On n'a pas prouvé que les OGM étaient dangereux


 On n'a surtout pas prouvé qu'ils ne l'étaient pas. Il a fallu 20 ans pour que soit mis en évidence la dangerosité de l'amiante. Le bon sens voudrait qu’on applique un délai de précaution et en conséquence, que l'on décide de faire un moratoire sur les cultures en plein air et sur la commercialisation à destination de la consommation humaine ou animale. On ne sait encore rien sur les risques de mutations génétiques inclus pour les vivants. Des études montrent d'ores et déjà que les rats nourris aux OGM mutent !


 On peut cultiver en plein champ sans risque de contamination des autres champs


                         Il est vrai que les distances de contamination des espèces voisines peuvent être très faibles (cas de telles plantes). C’est en revanche faux pour la plupart des autres. Les distances de contamination peuvent dépasser des dizaines voire des centaines de kilomètres. De telle sorte que la décision d'un seul nuit aux décisions de tous les autres à des milliers de kilomètres carrés. Ce n'est pas tolérable !

                        Un projet actuel propose d'interdire toute culture OGM dans les zones de terroir à appellation contrôlé afin de préserver ces appellations. C'est un projet minimaliste, et pourtant, il est considéré par les députés pro OGM comme liberticide et antiéconomique !

                        Et encore, on ne parle alors que de la contamination des plantes. Qu'en est-il pour la contamination des insectes, sachant qu'ils sont souvent très rapides à muter en raison de la courte durée de leur vie et donc de la rapidité de leur reproduction. En réalité, la question se pose sur l'ensemble de l'écosystème.


 
Constatations de la Haute Autorité mise en place au Grenelle de l’Environnement


 « l’impossibilité d’une absence de pollinisation croisée entre champs OGM et champs sans OGM à une échelle locale »

    En clair, la coexistence est impossible. Les plantes GM contamineront forcément nos champs, l’environnement et la chaîne alimentaire ;

- « la possibilité d’effets toxiques avérés à long terme sur les lombrics »,

la pollution des sols par l’insecticide produit par les racines n’avait pas été étudiée ;

- « les études d’impact sur les abeilles doivent être faites sur des ruches en conditions normales d’exploitation, afin de prendre en compte les effets cumulatifs. »

Pendant des années, les pro-OGM ont nié tout effet sur les abeilles.
- « la protéine produite par le transgène n’est pas identique à celle que produit le Bacille de Thuringe ». Pour étudier la toxicité sur l’environnement et la santé humaine, on n’avait même pas pris la peine d’étudier la bonne toxine !! Pour le sérieux des études scientifiques, on repassera…

- « une large majorité de participants a souligné l’insuffisance du test à 90 jours ».

Aucun test sérieux n’a été mené dans le monde, à long terme. Il est donc impossible de conclure sur les effets qu’a le MON810 – et les autres plantes GM - sur l’embryon, le système hormonal ou sur les effets trangénérationnels.

- « dans les pays fortement consommateurs d’OGM, aucune étude épidémiologique n’est conduite, du fait d’un manque de traçabilité ». Il est facile d’affirmer dans ces conditions, qu’il n’y a aucun problème.

- « le comité note l’insuffisance d’analyse économique au niveau de l’exploitation, des filières et du marché international ».

Des études d’impact sur les différents systèmes agricoles sont demandées.

Ces points sont connus depuis des années et sont la base scientifique du refus du Mon 810 par des pays comme l’Autriche, la Hongrie.

Par Loic Bureau - Publié dans : OGM
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